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Le Tableau de Flux de Trésorerie OHADA : Comprendre et Construire le TFT Guide 2026
Sommaire
L'essentiel à retenir :
Le Tableau de Flux de Trésorerie (TFT) est l'un des quatre états financiers obligatoires du système normal OHADA. Il explique comment la trésorerie de l'entreprise a évolué au cours de l'exercice en distinguant trois grandes catégories de flux : les activités opérationnelles (exploitation), les activités d'investissement, et les activités de financement. Contrairement au compte de résultat qui raisonne en « engagements », le TFT raisonne en « cash réel ». Ce guide décrypte sa construction étape par étape avec des exemples chiffrés et vous apprend à l'interpréter pour piloter votre entreprise.
1. Pourquoi le TFT est-il si important ?
Une entreprise peut afficher un bénéfice au compte de résultat tout en étant à court de liquidités. Ce paradoxe, source de nombreuses faillites, s'explique par le décalage entre les ventes facturées (produits) et les encaissements réels (cash). Le TFT résout cette énigme.
💧 Vision cash réelle
Le TFT montre les mouvements réels d'argent, au-delà des écritures comptables théoriques du résultat.
🔍 Détection des tensions
Il révèle si l'entreprise génère assez de cash par son activité ou si elle dépend d'emprunts pour survivre.
💳 Confiance des financeurs
Banques et investisseurs analysent le TFT en priorité pour évaluer la capacité de remboursement.
📊 Pilotage stratégique
Il aide à décider des investissements, distributions de dividendes et politiques de financement.
💡 Le proverbe du trésorier
« Le bénéfice est une opinion, la trésorerie est un fait. » Le résultat comptable dépend de nombreuses estimations (amortissements, provisions), tandis que la trésorerie est un chiffre incontestable : soit l'argent est là, soit il n'y est pas.
2. Les 3 catégories de flux du TFT
🎨 Repère visuel : la structure du TFT
TRÉSORERIE D'OUVERTURE (début d'exercice)
│
├──► (A) FLUX D'EXPLOITATION [le moteur]
│ Encaissements clients − Décaissements
│
├──► (B) FLUX D'INVESTISSEMENT [la croissance]
│ Achats/Ventes d'immobilisations
│
├──► (C) FLUX DE FINANCEMENT [les ressources]
│ Emprunts, apports, dividendes
│
▼
TRÉSORERIE DE CLÔTURE (fin d'exercice)
= Ouverture + A + B + C
⚠️ Lecture combinée des signes
Une entreprise saine et en croissance présente typiquement : flux d'exploitation positif (l'activité génère du cash), flux d'investissement négatif (elle investit pour grandir), et flux de financement variable selon sa stratégie. À l'inverse, une exploitation négative compensée par des emprunts est un signal d'alerte.
3. Zoom sur les flux d'exploitation (A)
🔵 Le cœur du réacteur
Les flux d'exploitation représentent le cash généré par le métier de base de l'entreprise. C'est l'indicateur le plus surveillé car il révèle si l'activité est intrinsèquement rentable en cash, indépendamment des financements externes.
La méthode OHADA privilégie une approche partant de la Capacité d'Autofinancement Globale (CAFG), ajustée des variations du besoin en fonds de roulement.
📐 Formule simplifiée des flux d'exploitation
où :
- CAFG = Résultat + Dotations aux amortissements et provisions − Reprises
- Variation du BFR = Variation (Stocks + Créances − Dettes court terme)
📝 Calcul des flux d'exploitation
| Résultat net de l'exercice | 8 000 000 |
| + Dotations aux amortissements | 3 500 000 |
| + Dotations aux provisions | 1 200 000 |
| − Reprises de provisions | −400 000 |
| = CAFG | 12 300 000 |
| − Augmentation des stocks | −2 000 000 |
| − Augmentation des créances clients | −1 800 000 |
| + Augmentation des dettes fournisseurs | 1 500 000 |
| = FLUX NET D'EXPLOITATION (A) | 10 000 000 |
💡 Notez que le flux d'exploitation (10M) est supérieur au résultat net (8M) grâce aux dotations aux amortissements qui sont des charges « non décaissées » : elles réduisent le résultat mais ne sortent aucun cash.
4. Zoom sur les flux d'investissement (B)
🔵 La mesure de la croissance
Ces flux retracent les décaissements pour acquérir des immobilisations (machines, véhicules, bâtiments, titres) et les encaissements provenant de leur cession. Un flux d'investissement fortement négatif traduit une phase d'expansion.
📝 Flux d'investissement
| Acquisition de matériel industriel | −6 000 000 |
| Acquisition de matériel de transport | −4 500 000 |
| Acquisition de logiciels | −800 000 |
| + Cession d'un ancien véhicule | 1 200 000 |
| = FLUX NET D'INVESTISSEMENT (B) | −10 100 000 |
💡 Un flux négatif de −10,1M signifie que l'entreprise a investi massivement. La question clé : ces investissements sont-ils financés par l'exploitation (sain) ou par de nouveaux emprunts (à surveiller) ?
5. Zoom sur les flux de financement (C)
🔵 Les ressources externes et propres
Ces flux retracent les mouvements avec les apporteurs de capitaux : nouveaux apports des associés, emprunts contractés, remboursements d'emprunts, et distribution de dividendes.
📝 Flux de financement
| Nouvel emprunt bancaire contracté | 7 000 000 |
| Augmentation de capital (apports) | 2 000 000 |
| − Remboursement d'emprunts | −3 000 000 |
| − Dividendes versés aux associés | −1 500 000 |
| = FLUX NET DE FINANCEMENT (C) | 4 500 000 |
6. Assemblage complet du TFT
📊 Variation globale de trésorerie
| Trésorerie d'ouverture (01/01) | 5 000 000 |
| (A) Flux d'exploitation | +10 000 000 |
| (B) Flux d'investissement | −10 100 000 |
| (C) Flux de financement | +4 500 000 |
| Variation nette de trésorerie (A+B+C) | +4 400 000 |
| Trésorerie de clôture (31/12) | 9 400 000 |
💡 Contrôle de cohérence essentiel : la trésorerie de clôture du TFT (9 400 000) doit correspondre exactement au solde des comptes de trésorerie (classe 5) au bilan de clôture. Si ce n'est pas le cas, le TFT contient une erreur.
7. Interpréter le TFT : les 4 profils types
8. FAQ — Le Tableau de Flux de Trésorerie
❓ Le TFT est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Réponse : Il est obligatoire dans le système normal OHADA. Les entreprises au Système Minimal de Trésorerie (SMT) en sont dispensées et produisent un état des recettes et dépenses plus simple.
❓ Quelle différence entre le TFT et le compte de résultat ?
Réponse : Le compte de résultat mesure la performance en « engagements » (une vente facturée est un produit, même impayée). Le TFT mesure les mouvements réels de cash (une vente n'apparaît que lorsqu'elle est encaissée).
❓ Pourquoi ajoute-t-on les amortissements dans les flux d'exploitation ?
Réponse : Parce que les amortissements sont une charge « non décaissée » : ils réduisent le résultat comptable mais ne sortent aucun argent de la caisse. On les réintègre donc pour retrouver le cash réel généré.
❓ Un logiciel peut-il produire le TFT automatiquement ?
Réponse : Oui. Un ERP conforme comme KeeMatch génère le TFT automatiquement à partir des écritures comptables, en classant les flux dans les bonnes catégories, ce qui évite les erreurs de construction manuelle.
À propos de l'auteur
L'équipe KeeMatch est composée d'experts comptables certifiés OHADA et de développeurs spécialisés dans les solutions de gestion pour PME africaines. Nous accompagnons plus de 1 200 entreprises dans 12 pays d'Afrique francophone.